Sortie de vestiaireSortie de Vestiaire, Aurélien Abily

9 octobre 20181
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Après Benoît Chevalier, Pierre Lahore et Aude Amadou, c’est au tour d’Aurélien Abily de nous conter son parcours. Fraîchement retraité, l’ancien arrière gauche est déjà plongé dans sa reconversion. 


Ma carrière

Né au Mans, c’est tout naturellement dans le club local, aux Cheminots, qu’Aurélien Abily démarre sa jeune carrière, avant de migrer vers Angers, alors au plus haut niveau. Un club au sein duquel il connaît une grave blessure, un staphylocoque doré au genou, et ne parvient pas à s’imposer. « A l’époque de ma grave blessure, je ne savais même pas si j’allais pouvoir reprendre le handball, souffle l’arrière gauche, qui choisit de repartir de plus bas pour retrouver le plaisir de jouer. Je suis parti sur un projet différent, en N1, avec Aurillac. » Dans le Cantal, aux côtés de Pierre Montorier notamment, il connaît deux montées, et conclut son aventure par une ultime saison en D1, en 2008/2009, avant de choisir de passer un cap, du côté de Saint-Raphaël.

Une fois installé dans le Var, le longiligne arrière prend vite ses marques, et devient l’un des hommes de base de la progression du SRVHB. « Tous mes choix de carrière ont été basés sur le projet que l’on me proposait. J’ai toujours voulu être actif et acteur dans le projet. Après cela, quand tu te sens bien dans un club, et que ce club avance, tu n’as aucune envie de partir », souffle celui qui passera neuf années sur les bords de la Méditerranée, avant de raccrocher. Du Mans à Saint-Raphaël, Aurélien Abily décide d’apposer un point final. « Je ne pouvais pas aller plus au Sud, alors il fallait s’arrêter, sourit-il avant de confier un regret, celui de ne pas avoir remporté de trophée. C’est quelque-chose qui me restera. On a fait quelques finales avec Saint-Raphaël, on n’a jamais été loin, mais ça n’est jamais arrivé. C’est comme ça. »

Mes études

De par son parcours atypique, Aurélien Abily n’a pas échappé aux études, lors de son début de carrière. Bac en poche, le Manceau se dirige vers un BTS Comptabilité/Gestion. « De par ma grosse blessure, et le fait de ne pas être sûr de pouvoir reprendre le handball, j’ai vite été mis devant le fait accompli, glisse-t-il. Tu t’aperçois que tu ne peux pas tout miser sur ta carrière car elle peut s’arrêter très vite. » BTS en poche, l’arrière gauche passe même deux années au poste d’assistant comptable, à Aurillac. « Cela m’a permis de valider mon BTS, et de voir un peu ce qu’était le monde du travail. Après, j’avais un 3/4 temps, et comme le club est monté en puissance, ça ne devenait plus tenable avec les entraînements », se souvient-il.

Passent alors les années, avant que l’idée d’une fin de carrière ne repointe le bout de son nez. « Cela fait 3/4 ans que j’y pense très fortement, souligne-t-il. Mais j’ai aussi conscience que mon diplôme est presque obsolète. J’ai donc souhaité passer un bachelor en comptabilité pour me remettre à niveau. Après 10 ans sans pratiquer, tu oublies les choses. Si tu veux affronter le monde du travail, il faut tout revoir. Maintenant j’ai eu du mal à lancer le double-projet avec mon club, et je n’ai repris les études qu’en décembre dernier. »

Mon passage « de l’autre côté »

Certains l’appellent « la petite mort du sportif ». Chez Aurélien Abily, la décision de stopper sa carrière a été prise presque naturellement. « Pour commencer, j’ai été prévenu bien en amont par le club de Saint-Raphaël, qui souhaitait rajeunir son effectif. Dans mon cas, l’environnement familial a fait que la décision d’arrêter a été naturelle. Nous ne voulions pas bouger de la région après neuf ans alors que nous étions bien installés. Dans ces cas-là, tu sais ce tu perds, mais tu ne sais pas ce que tu gagnes, souligne l’ancien joueur d’Aurillac. Dans ce cadre, la retraite n’a pas été trop douloureuse car elle était actée depuis un bon moment. Toute bonne chose a une fin. »

Après une dernière saison marquée par une finale de Coupe EHF, le Manceau ne raccroche cependant pas complètement les baskets, puisqu’il s’engage avec Draguignan, en Nationale 3. « Je ne voulais pas couper complètement. J’ai repris pour m’entretenir, mais aussi pour garder un peu cette vie de groupe, cet état d’esprit. » Pour ce qui est de l’emploi du temps, il est encore tourné vers les études. « Je dépose les enfants à l’école, et je rentre à la maison pour travailler. J’espère avoir mon diplôme en décembre prochain, c’est un nouveau challenge pour moi. Après il sera temps de se mettre sur le marché du travail. J’ai quelques pistes déjà… »

Mon conseil

Du haut de ses 36 ans, Aurélien Abily espère que les jeunes générations sauront prendre en compte leur après-carrière, et ce, le plus tôt possible. « La partie hors-handball ne doit pas être négligée. Il faut essayer de se former le plus tôt possible. Ce n’est pas très original, mais il faut prendre en compte le fait qu’une carrière peut être éphémère, conclut-il. Maintenant je sais aussi que c’est quelque-chose qui est difficile à assimiler quand on est jeune. On a tellement cet objectif de passer pro que ça peut mettre en arrière-plan les études. Il faut encore plus de sensibilisation, et les clubs ont leur rôle à jouer car ils savent aussi mettre une certaine pression, une attente sur les performances sportives. Il faut trouver un juste milieu ».

Benoît Conta

Crédits Photo : @MLTerrier

Un commentaire

  • Vidalinc

    9 octobre 2018 at 20 h 46 min

    Superbe article comme le joueur

    Reply

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