Sortie de vestiaireSortie de Vestiaire, Louise Thomé

3 mai 20190
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A 28 ans, Louise Thomé va ranger les baskets à la fin de cette saison. Pour elle, la question de reconversion est déjà réglée. L’ailière gauche est d’ores et déjà une avocate, à l’emploi du temps bien rempli.

« Il va falloir que je trouve de quoi occuper mon temps… » Dans un mois, Louise Thomé va raccrocher ses baskets. A 28 ans, l’ailière gauche de Chambray va laisser derrière elle sa carrière de handballeuse. « Le club a des ambitions européennes, ce n’était plus possible de gérer cela avec mon double-projet. J’ai déjà eu de la chance d’avoir vécu ces quatre années », souffle-t-elle. Quatre années vécues à 200 à l’heure, entre les parquets de LFH d’un côté et… les tribunaux de l’autre. Avocate depuis novembre 2015, la Mosellane porte un double-projet rare, symbole de toute sa détermination.

Tout démarre à la sortie du Bac (scientifique). « Après quatre années de Pole à Metz, je suis entrée au centre de formation de Dijon, et il fallait choisir une spécialité à la fac. J’ai bien pensé à la médecine, mais ça aurait été compliqué. Du coup je suis allé en droit, et j’ai passé ma licence, grâce notamment aux bonnes conditions offertes par le club, se remémore-t-elle. Ma passion est née à ce moment. » Après la licence, la jeune femme oriente donc sa carrière universitaire vers Paris, et signe à Noisy-le-Grand, en deuxième division. Victime d’une rupture des ligaments croisés à deux reprises, en 2011 puis en 2012, Louise Thomé se penche, un peu forcée, sur la suite à donner à sa carrière.

 

« Mes coéquipières se demandent pourquoi je m’inflige ça ! »

« Quand on est blessé, on pense forcément à la reconversion. J’avais plus de temps, et une copine voulait passer l’examen pour entrer en école d’avocat. Elle m’a dit « cap ? », et j’y suis allée. Après tout, qui peut le plus, peut le moins », sourit-elle. Un choix qui pousse inéluctablement la handballeuse vers une fin de carrière. « Je n’aurais pas pu mettre le diplôme dans la poche pour quelques années comme certaines de mes coéquipières dans d’autres secteurs. On m’avait prévenue que j’aurais du mal à démarrer ma vie professionnelle si j’attendais trop », explique-t-elle.

C’était sans compter sur le double-projet présenté par Chambray, celui d’un mi-temps dans un cabinet d’avocat, couplé à sa carrière de handballeuse dans un club qui monte dès sa première saison en LFH. « Il faut une sacrée organisation, reconnaît l’avocate, qui jongle entre travail et entraînements, sous le regard amusé de ses coéquipières. Certaines me demandent pourquoi je m’inflige ça ! (sourire) Mais au final, tout le monde a été vite au courant, et certaines sont même venues me voir plaider, assister aux audiences. » Une passerelle entre deux vies que la jeune femme emprunte chaque jour.

 

Un cabinet lancé depuis l’été dernier

« Lorsque je sors d’un entraînement ou d’un match, je déconnecte plus vite pour retourner à mon boulot, glisse-t-elle. Mais l’inverse est vrai également lorsque je sors du boulot. J’ai trouvé mon équilibre. » Un équilibre de plus en plus précaire depuis que Louise Thomé a créé son cabinet, le cabinet Léosthène, l’été dernier. « J’ai deux associés, qui m’ont permis de gérer au mieux cette saison, en me remplaçant lorsqu’il le fallait. Lors des déplacements, je bossais dans le bus ou dans le train. Mais ça devenait de plus en plus compliqué. » Trop compliqué même, puisque l’ailière gauche et le club de Chambray vont voir leurs chemins se séparer en juin prochain.

« Cette échéance de la retraite sportive, je l’aborde d’autant plus facilement que mon avenir est déjà tracé. Mon cabinet est créé, je n’ai pas de questions à me poser sur la suite, savoir où je vais vivre, ce que je veux faire. Tout cela est rassurant. » Restera seulement à trouver de quoi occuper tout ce temps libre. Sur ce point, Louise Thomé a déjà sa petite idée. « J’aimerais développer le droit du sport sur Tours. J’aimerais bien faire un Master de Droit à la Sorbonne. C’est en tout cas dans un coin de ma tête », sourit-elle pour conclure.

Benoît Conta

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