Swiss Life présente...Sortie de Vestiaire, Manon Le Bihan

17 novembre 20211
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« J’ai vécu pleins d’expériences différentes mais tellement enrichissantes », voici les termes qu’emploie Manon Le Bihan pour définir sa carrière de joueuse professionnelle. Aujourd’hui, pour la rubrique « Sortie de Vestiaire », l’ancienne ailière droite revient sur son parcours de reconversion et son actualité en tant que Manager des Opérations du club de St Amand les Eaux.

 

Ma carrière :

 

C’est à La Ciotat, petite ville côtière à une trentaine de kilomètres de Marseille, que tout a commencé : « J’ai découvert le handball à l’école, ça m’a plu tout de suite et je me suis inscrite au club de La Ciotat à 9 ans », raconte Manon. Sa formation se poursuit alors dans son Sud natal : en 3ème elle intègre le Pôle espoir à Hyères où elle évolue en parallèle avec les -18 championnat de France de St Cyr, puis en N1 avec La Crau.

« Ma première expérience en D1, c’était avec Toulon. C’était génial, se souvient l’ailière droite. la première année on a fini championnes de France et la deuxième année on a gagné la Coupe de France ». A 20 ans, elle signe alors son premier contrat professionnel à Brest au club de l’Arvor 29 : « C’était la première fois que je partais de ma région. Ça a été une sacrée expérience. On termine championnes de France cette année-là, mais le club dépose le bilan à la fin de la saison ».

Après ces 2 expériences en 1ère division, la carrière professionnelle de la sudiste se poursuit aux quatre coins de France : Nice, Fleury pour finir à St Amand où elle posa ses valises en 2018. « Pour certains, tant de changements de clubs est une preuve d’instabilité. Moi je l’ai toujours considéré comme un enrichissement : j’ai saisi des opportunités et ça m’a fait grandir ».

De ces multiples expériences, Manon en a tiré de bons souvenirs : « À Nice, Sébastien Gardillou m’a marqué : il innovait tout le temps, on n’a jamais répété deux fois le même exercice. À Fleury, il y avait une réelle communion entre le club, la ville : les Panthères étaient soutenues et reconnues. Nous faisions beaucoup d’actions avec les jeunes, dans les quartiers et les écoles. J’ai rencontré des gens très intéressants, j’ai pu avoir des échanges très formateurs avec les partenaires.À St Amand j’ai beaucoup apprécié l’accueil des gens du Nord, puis le club se structure bien : on a des objectifs professionnels et ambitieux. Le club reste familial et humain» raconte Manon.

Son seul regret ? Ne pas avoir joué à l’étranger. « J’ai eu envie, mais ça ne s’est pas fait. Je ne voulais pas non plus partir dans n’importe quelles conditions. En revanche ça m’aurait été utile pour améliorer mon anglais (rires) »

 

Mes études :

Malgré ses nombreux déménagements, l’ailière droite a toujours pris le temps de se former : « c’était nécessaire pour moi d’avoir un équilibre et de sortir de la routine du handball ».  Après un DUT Techniques de Commercialisation en poche, elle s’inscrit à une L3 Marketing des Services à Brest sans pour autant la valider, puis validera finalement l’année suivante sa L3 STAPS à Nice.

« J’ai voulu ensuite faire une année sans études et ça m’a du tout plu. En plus je me suis blessée. Je me sentais intellectuellement réduite. Je ne me suis pas souvent blessée et comme par hasard ça arrive cette année. Je pense que cette blessure elle était dû à mon manque d’activité ».

Elle s’inscrit alors au Master Management des organisations sportives de l’IAE de Nice. « C’était génial, les intervenants qui animaient les cours étaient vraiment bien. Par contre je n’ai pas bénéficié d’accompagnement et il était hors de question de manquer des entrainements. J’ai donc négocié avec l’IAE directement, j’ai rencontré son directeur et ils ont compris ma situation. Ils m’ont donné de la souplesse cependant il fallait que je fasse ma part du boulot, que je leur envoie ma planification etc., il a fallu que je trouve moi-même des solutions » se souvient Manon.

Cette année-là, elle accepte également un contrat d’agent de développement au club de Nice « Je n’avais pas fini mes études, je n’ai jamais raté un entrainement donc j’ai tout mené de front. Mais Seb (Gardillou, NDLR) était très à l’écoute et ça a été enrichissant ».

Après une année sur plusieurs fronts et un Bac+5 en poche, l’ailière droite décide alors se concentrer sur le handball : « J’ai eu un déclic, je me sentais plus légère avec mon bagage scolaire, il était temps pour moi de profiter pleinement du handball ». Une période dédiée uniquement au handball qui ne durera cependant pas longtemps « au bout de 6 mois j’ai travaillé dans une boite de communication, pour dépanner » rigole Manon.

C’est à cette période que la joueuse rejoint également les rangs de l’Association des Joueur(se)s Professionnel(le)s de Handball (AJPH). « J’étais adhérente, mais à l’époque l’AJPH sur le secteur féminin n’était pas trop présente et les joueuses n’avaient pas vraiment d’informations sur leurs droits, leurs devoirs, leur contrat de travail. J’en ai parlé à un joueur de Saran qui m’a présenté à Bastien Lamon. Il était alors président de l’AJPH et il m’a proposé de m’investir » se souvient Manon.

Membre du comité directeur, participation aux réunions et groupes de travail au sein de la LFH, référente AJPH de son équipe, autant de missions qui permettent à l’ailière droite de découvrir un autre aspect de la profession. En 5 ans d’investissement, elle constate d’ailleurs une nette évolution : « désormais toutes les équipes féminines sont visitées, les joueuses ont accès à de l’information. C’est vraiment bien ».

 

Mon entre deux :

« À 28 ans, j’en avais un peu marre du handball, je pensais déjà à la suite, donc je cherchais un projet sportif avec une activité en parallèle » raconte l’ailière droite.

Ce projet, c’est le club de St Amand les Eaux qui va lui proposer : 2 ans de contrat de joueuse et un contrat de chargée commerciale dans le club. Le Covid-19 la pousse malheureusement à arrêter un peu plus tôt que prévu, mais psychologiquement, son arrêt de carrière sportive est facilité par une proposition de CDI par le club : « juste avant qu’arrive le Covid, le club m’a proposé un contrat de manager des opérations pour coordonner le Marketing, communication, l’événementiel en lien avec le sportif. Je l’ai accepté. ».

Entre l’arrêt forcé du handball et les activités du club stoppées net par le Covid, la transition n’est cependant pas aisée « Cette période, ça a été compliquée », admet Manon.

 

Mon actualité :

Pourtant quelques mois après, l’ancienne joueuse n’a aucun regret. « Le club m’a bien accompagné, et m’accompagne encore aujourd’hui, j’apprends tous les jours encore. Je pense que j’ai fait le bon choix au bon endroit » estime Manon. « Là après le covid, tout est revenu, je sais plus où donner de la tête (rires) » ajoute-t-elle.

Si tout s’est ralenti du fait du Covid, le club de St Amand les Eaux n’a pour autant pas chômé et en a profité pour rédiger un projet de développement appelé « Ambitions 2024 ». En parallèle du sportif, le club s’investit dans plusieurs domaines. « On mène des actions de réinsertion par le sport et plusieurs actions sociétales du genre, on développe aussi des actions éco responsables : on a trois ruches qui sont arrivées au siège et on fait de l’animation autour de l’apiculture et de la biodiversité pour différents publics. Et puis là au moment où je te parle je vois par la fenêtre du bureau nos trois poules qui mangent les déchets alimentaires de nos licenciés (rires). Il y a de la vie autour du hand. On essaie de proposer des choses décalées pour un club sportif mais dans l’air du temps, ça fonctionne, ça plait. Et le troisième point c’est tout ce qui est formation et la reconversion de nos joueuses » indique l’ancienne joueuse.

 

Conseils :

« Ce n’est pas évident de passer de l’autre côté. En tant que joueuses nous sommes un peu protégées, et quand on passe de l’autre côté on a pas mal d’avantages qui changent ou disparaissent. Je ne m’en rendais pas compte. Pour moi le plus important, c’est préparer la suite et surtout ne jamais être seuls. Il faut s’entourer de son club, d’entreprises, de l’AJPH de sa famille. Un projet de reconversion ça se prépare et ça se partage : il faut s’appuyer sur ce qui existe » conclut Manon.

Anne-Laure Michel

Photo : Philippe Riou (fournie par le club)

Un commentaire

  • DUBUIS

    17 novembre 2021 at 13 h 28 min

    Quel parcours Manon !! Ta modestie a oublié que tu es aussi une femme proche des autres, handballeurs ou pas, entreprise partenaire ou pas … je découvre aujourd’hui ce parcours très dense. On ne connaît finalement pas toujours les gens qui nous touchent et avec qui on échange et partage en toute simplicité.
    Sois sûre de notre respect et affection.
    Christine & Christophe D.

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