Bien dans ses basketsLe travail sur la Fixation d’objectifs (mais pas que…)

20 mars 20201
https://www.ajph.fr/wp-content/uploads/2020/03/J02SARAN-DIJON_PAAGE_CREATION_03-1280x853.jpg
Céline Auriemma, une de nos deux professionnels de la rubrique « Bien dans ses baskets » aborde aujourd’hui la question de la fixation d’objectifs.

 

La fixation d’objectifs fait partie du socle des habiletés mentales. Tout comme l’estime de soi et la motivation.

 

En préparation mentale il est donc logique de travailler ses bases pour les rendre les plus solides possibles.

C’est ce que je fais avec les athlètes qui me font confiance…

La différence entre rêve et objectif est l’action. Et lorsque l’on se fixe des objectifs on passe du rêve au projet : 

« Qu’est-ce qui vous fait rêver ????

En quoi CROYEZ-vous ? En vous ? En l’avenir ? En ce qu’on vous a dit quand vous étiez enfant ? En ce que vous dit votre coach, vos amis, vos parents, vos enfants ?

Et le fait de CROIRE vous aide-t-il ? »

C’est la question que j’ai posé hier en entretien. Mon client qui a TOUT pour performer : physique, technique, potentiel, volonté, dépassement de soi, motivation, mais ne se satisfait pas de ce qu’il accompli.

Pourquoi était-il insatisfait alors que ses objectifs à court terme étaient atteints ????????

Tout simplement parce que SA croyance ne lui permet pas de l’être…

Vu qu’il pense être « le plus nul des forts », il le sera forcément en match lorsqu’il jouera contre plus fort (qu’il croit) et il se sabotera lui-même et donnera raison à sa croyance !

Mon client : « bah tu vois je n’ai pas été bon ! j’ai raté si ou ça, c’est bien que je ne suis pas si fort que ça !

Du coup, cet athlète reste insatisfait car il n’atteint pas son rêve et remet en doute ses capacités, ses objectifs et sa motivation…le socle de la Force Mentale.

 

Et oui ! votre cerveau vous CROIT INCONDITIONNELLEMENT, il ne doutera jamais de vous.

Donc si vous lui dites « La vie est dure, il faut lutter pour s’en sortir » et bien vous vous dirigez tout droit vers une vie où il va falloir être fort pour surmonter tous les obstacles (ce qui est bien aussi car vous développer une valeur d’être un battant, une guerrière…).

 

Mais attention, ne vous méprenez pas. Il ne suffit pas de se dire le contraire pour que la vie soit belle et facile et que tout vous réussisse d’un claquement de doigt.

Non ! Il faut du travail, du talent et du travail !!!

 

Lorsqu’on touche du doigt une croyance en préparation mentale, il est nécessaire de faire une pause sur le travail en cours (ici la fixation d’objectifs) afin de « creuser » les croyances et mieux revenir sur le travail initial.

En effet, nos croyances guident (inconsciemment) nos relations, nos actions et nos pensées.

En plus, nous faisons TOUT (inconsciemment toujours je vous rassure) pour renforcer nos croyances par nos comportements. Du coup on se retrouve dans des situations qui valident nos croyances…et ainsi de suite…

Qu’elle soit héritée de notre sphère familiale : « oh qu’il est fort ! il devrait faire du sport, il gagnerait tout ! » (Merci mamie pour ton objectivité !).

Ou que cette croyance soit le fruit de plusieurs expériences vécues (être toujours dans l’équipe B lors des stages de sélections).

Si votre croyance vous aide tant mieux ! Remerciez là et continuez.

Mais si vous elle vous LIMITE car vous avez l’impression de recommencer les mêmes erreurs, de vivre les mêmes choses déplaisantes, voir blessantes alors il est temps de « déposer cette croyance limitante » pour avancer.

 

COMMENT ???????

IDENTIFIER SES CROYANCES

1. Réfléchissez à des choses que vous vous dîtes souvent. Quelque chose qui porte une VERITE sur quelque chose ou sur un comportement.

Par exemple, un entraîneur qui dit souvent « quand je parle tu dois me regarder » doit avoir la croyance que si son joueur ne le fait pas c’est un manque de respect…c’est SA vérité.

Tandis qu’un joueur qui ne s’arrête pas pour le regarder car il court pour rattraper son erreur car il croit « respecter ses partenaires et son entraineur c’est récupérer la balle qu’on vient de perdre ».

Alors leurs croyances s’opposent alors qu’elles sont basées sur une valeur commune, le « respect ». Et vous avez là une situation conflictuelle car une croyance n’a pas été respectée (entraîneur).

Cet exemple vous parle ? N’hésitez pas à m’en donner d’autres !!

 

2. Posez-vous la question : lesquelles m’aident ou au contraire m’enferment ? Notez- les !

Mais d’où viennent ces croyances ? qui vous l’a dit ? où est ce que vous avez entendu cela ? Qu’est-ce qui vous fait croire en ça ?

Demandez-vous également ce qui se passerait, ce qui se serait passé si vous n’aviez pas pensé cela… ?

 

J’ai connu un athlète qui était TRES fort en défense. Un MONSTRE comme les autres l’appelaient. Tant qu’il était réputé pour son agressivité et son côté lâche rien. Les arbitres le connaissaient bien aussi !!

Un jour il me livra qu’il en avait marre de cette étiquette, il aurait aimé aussi montrer son côté joueur ! Il adorait les passes dans le dos, entre les jambes des défenseurs pour son pivot etc…

Je lui ai demandé : « qu’est ce qui t’empêche de lâcher cette étiquette ?

Athlète : « Bah j’ai toujours été comme ça ! je suis agressif et c’est grâce à cela que je suis un très bon défenseur ! »

Moi : que voudrais tu ?

Lui : être complet ! montrer que je ne suis pas QUE ça…

Il était temps pour lui de laisser sa croyance qui le limitait à être seulement un monstre en défense…

 

REFORMULEZ UNE CROYANCE LIMITANTE EN UNE CROYANCE AIDANTE

Par exemple, « Je n’y arriverai jamais » devient « J’ai les compétences et les capacités pour atteindre mes objectifs ».

Si c’et exercice est trop dur pas de panique, le fait d’avoir mis en lumière une croyance est déjà un ENORME pas en avant ! Et il faut du temps aussi…

Sachez qu’une croyance même limitante est là pour vous aider au départ. Donc remerciez là. Elle vous a forcément apporté quelque chose…Mon joueur pensait que pour y arriver il fallait « se battre ». Donc…c’est devenu un monstre en défense ! Et cette croyance aidante l’a accompagnée jusqu’à ce qu’il désire être un joueur plus complet…

 

Et c’est à ce moment-là que je lui ai proposé de reprendre le travail sur la fixation d’objectifs.

 

« Il faut se fixer des objectifs avant de pouvoir les atteindre. »

Michael Jordan

 

Si vous aussi vous vous retrouvez dans ces situations alors suivez le guide !

 

Lorsque je commence ce travail avec mes clients je leur explique que nous allons partir d’un objectif (à long terme) pour le découper en sous objectifs jusqu’à arriver à des objectifs quotidiens.

Vous me suivez ? C’est un travail qui propose de fractionner dans le temps vos objectifs.

–  Long terme : 1 an voire 2 ans

– Moyen terme : plusieurs mois

– Court terme : 1 ou 2 mois

– Quotidien : chaque jour !

Et une fois ce travail terminé, vous avez des actions à mener dès aujourd’hui pour vous amener pas à pas vers votre objectif ultime.

Mais pour démarrer, voici ce que je demande à mes clients : « si vous pouviez TOUT réussir, TOUT faire, que voudriez-vous ? »

Alors posez-vous la même question ! Cet objectif doit être « WAOUH » ! Il doit vous faire vibrer, un truc que vous n’avez jamais osez dire à personne, ou encore une chose dont vous rêvez depuis longtemps et vous saoulez tout le monde avec !

 

Une fois trouvé, cet objectif doit être formulé POSITIVEMENT ! Alors on enlève les « ne pas », « plus » et on fonce !

Maintenant utilisons la méthode SMART pour valider cet objectif !

S comme SPECIFIQUE :  il doit être court, tenir en une phrase ! Il doit être claire et précis. Un inconnu doit pouvoir le comprendre !

M comme MESURABLE.  Soit la mesure est claire dans la formulation de votre objectif, par exemple : je veux être dans le top 10 des meilleurs buteurs » soit je propose de construire une échelle à mes clients pour qu’il sache « quand ils auront atteint leur objectif ». Voici des exemples que mes clients ont choisi : la note /10, le %, la jauge, un vase rempli…vous saisissez l’idée ? Si vous avez d’autres moyens de mesure je suis preneuse ! Alors partagez-les !

A comme ATTEIGNABLE.

Rien ne sert de vouloir atteindre la lune si l’on n’a pas les moyens de s’y rendre.

En effet, votre objectif doit être une cible que vous pouvez atteindre. A vous de vous assurer que vous avez les moyens de l’atteindre : matériel, le temps ou l’argent…

R comme REALISTE

Si vous ne voulez pas être frustré ou vous arrêter en cours de route, votre objectif doit être réaliste. Il ne doit être ni trop simple, ni trop compliqué. De plus, il doit être adapté à vos besoins, vos valeurs. Ne formulez pas l’objectif de quelqu’un d’autre. C’est le meilleur moyen pour ne pas l’atteindre et vous retrouver face à l’échec.

T comme défini dans le TEMPS. Ajoutez une date limite qui vous semble juste pour réaliser cet objectif.

Une question que je pose à ce moment-là à mes clients est « est-ce que ton objectif ne dépend que de toi ? » si la réponse est non, il faut reformuler l’objectif.

 

Une fois votre objectif à Long terme écrit, détaillez le reste de la même manière.

Objectif Moyen terme : plusieurs mois, une année au maximum.

Qu’est-ce qui vous permettrait d’atteindre votre objectif à long terme ?

Et maintenant vérifiez le SMART…

 

Objectif court terme : 2 ou 3 mois avec la même question.

Objectif du quotidien : il vous faudra détailler les sphères qui touchent votre objectif. Par exemple : technique, tactique, santé, sommeil, vie quotidienne, mental…et dans chacun d’entre eux écrire un objectif que vous voulez atteindre, qui vous permettront d’atteindre les objectifs à court terme. N’hésitez pas à les chiffrer afin de savoir si vous réussissez à les atteindre et ainsi les réguler.

Par exemple :

Dans la technique : le tir en appuis : marquer 2 buts par match.

Sommeil : me coucher avant 22H.

Une fois l’exercice terminé, vous n’avez plus qu’à agir ! En effet, vos objectifs quotidiens vous permettront de gravir la 1ère marche.

 

Vous l’aurez compris, la fixation d’objectif est incontournable si l’on veut augmenter sa performance. Mais attention ! Vous devez vous fixer des objectifs qui ont du sens et qui sont à la fois motivants et durs mais aussi réalisables !

Je vous ai proposé un outil pour le faire mais il est vrai que cela est plus efficace avec un professionnel ! Rien ne vous empêche de le tester, d’essayer ou alors de m’appeler pour qu’on en discute !!

 

Le confinement est un moment idéal pour travailler son mental…saviez vous que les zones du cerveau lorsque vous êtes à l’entraînement sont les mêmes que lors d’un mouvement imaginé ??

La puissance du cerveau est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets mais vous pouvez commencer aujourd’hui…

Crédit photo : Paage Creation / LNH.

Visuel : Marie Olive.

Vous avez des questions pour Céline ?
N’hésitez pas à nous les laisser en commentaire sur le site ou sur les réseaux sociaux et nous lui transmettrons 😊
Pour la contacter directement :
celauriemma@gmail.com – 06 65 63 25 45
page Facebook
cel_coach_prepa_mentale
Tarifs consultation, spécifiques aux membres AJPH Séance 50 € / heure en visioconférence (via Skype) ou en entretien face à face. La 5e séance est gratuite !

 

 

Un commentaire

  • olive

    21 mars 2020 at 14 h 14 min

    bien écrit, simple, compréhensible, efficace, comme ses séances ! n’hesitez pas à la contacter de handballeurs à ancienne handballeuse 😉

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.. Les champs obligatoires sont indiqués *

Notre ADRESSE
5 RUE DES COLONNES - 75002 PARIS
+33 6 30 35 38 49
Nous REJOINDRE
Nous SUIVRE

AJPH © MENTIONS LÉGALES – CONCEPTION MATTHIEU LOIGEROT | DESIGN & COMMUNICATION
CREDITS Photos : S.PILLAUD, F. PESTELLINI, Armaphotos, Lombard, Angelique Kieffer, Handball-photos, Patricia Sports, Laurent Théophile, Campion, Sylvain Artu, Paage_creation, Bertrand Delhomme, Nicolas Harvent / HBCSA, Sauvage, PHOTO SPORT NORMANDY