Swiss Life présente...Sortie de Vestiaire, Clément Bonin

17 décembre 20201
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En 2012, et à seulement 27 ans, Clément Bonin décidait de tourner le dos au sport professionnel, afin de se lancer dans un double-projet, à Amiens. Un peu plus de huit ans plus tard, l’ancien ailier gauche n’a aucun regret.

 

« Sortie de Vestiaire » est une rubrique mensuelle présentée par Swiss Life, qui met en lumière des parcours de reconversion de joueuses et joueurs.

 

Ma carrière

« Courte mais intense. » A l’heure de jeter un œil sur sa carrière au plus haut niveau, Clément Bonin se montre plutôt positif. Arrivé au handball par atavisme, son père ayant joué du côté d’Ivry, l’ailier gauche a également suivi son grand frère, Arnaud, avec qui il s’est « tiré la bourre » jusqu’à jouer ensemble sur une courte séquence, à Dunkerque. Car c’est dans le Nord que tout a commencé pour le jeune homme originaire de Compiègne, vite lancé dans le grand bain, avant même sa majorité. Non conservé en 2008, il passera ensuite quatre saisons à Dijon, avant de mettre fin à sa carrière professionnelle à la surprise générale, en 2012. Mais nous y reviendrons.

« Au final, je suis heureux de ma carrière, j’ai toujours su trouver mon rôle dans chacun des groupes que j’ai côtoyé. Il y a eu de belles aventures humaines, et notamment la Coupe d’Europe, avec les longs déplacements dans l’Europe de l’Est par exemple, se souvient-il, sans trop s’appesantir sur d’éventuels regrets. J’aurais aimé faire mieux, c’est sûr. J’ai fréquenté les équipes de France en Jeunes, donc j’aurais aimé continuer sur cette voie. Mais je ne l’ai pas fait, je n’ai pas réussi à passer ce palier. On commet toujours des petites erreurs à droite, à gauche et la somme de tout ça fait que tout ne se déroule pas comme prévu. Mais je n’ai pas de regrets, c’est comme ça. »

 

Mes études

Lancé jeune dans le grand bain, Clément Bonin a dans un premier temps eu du mal à concilier sport et étude. « J’ai tout de même eu un BAC ES, mais j’ai eu la chance d’être précoce sportivement, et j’ai vite été attiré vers le haut-niveau. Je ne vais pas le cacher, c’est ça qui m’intéressait le plus. J’ai bien tenté d’aller en Staps, mais il n’y avait à l’époque pas les aménagements actuels et j’ai vite abandonné », souffle l’ailier gauche, qui reviendra aux études par deux fois, dans les années qui suivent. La première, toujours à Dunkerque, pour passer son Brevet d’Etat Handball. « Avec un coéquipier, on se disait qu’on avait quand même du temps, mais on voulait à la base faire un truc dans l’informatique. Mais le club nous a fait comprendre que ça prendrait trop de temps, donc on a passé ce BE, sourit celui qui passera ensuite un diplôme de préparateur physique, cette fois à Dijon. On avait un très bon prépa à l’époque, Manuel Lacroix qui est aujourd’hui à l’Asvel, et ça m’a donné envie. C’est toujours quelque-chose qui m’intéresse, et j’ai pu m’occuper d’un groupe, ce que je compte toujours faire à l’avenir. »

 

Mon arrêt

C’est en 2012 que tout bascule pour Clément Bonin. Alors qu’il s’est déjà mis d’accord pour poursuivre sa carrière après son départ de Dijon, un coup de téléphone vient tout changer. « Un pote à moi, Julien Richard, avec qui j’ai été formé à Dunkerque, m’a parlé du projet qu’il avait intégré un an plus tôt, à Amiens. Il m’a direct dit que c’était du sérieux, qu’il y avait un vrai double-projet et pas un président qui te fait signer en disant : « on verra une fois que tu seras là ». Ce qu’il me proposait, c’est un CDI dans le secteur du déploiement de la fibre optique, ce qui était encore très récent à l’époque. Il n’y avait pas d’ailleurs pas encore à l’époque de diplôme adapté. Et lui m’a proposé d’intégrer un bureau d’études tout en aidant le club, qui était en N2, à grandir. »

De quoi semer la zizanie dans la tête du joueur, alors âge de 27 ans. « J’ai vécu des semaines agitées, avec des nuits plutôt courtes, confirme-t-il. Et puis j’ai pu rencontrer le président, Joël Peron, qui dirigeait aussi l’entreprise, avant de passer également un entretien avec le responsable du service que je pouvais intégrer. » Clément Bonin est alors convaincu et décide de changer de vie. « Il a fallu l’expliquer à mon agent, au club avec qui je m’étais mis d’accord. Ça n’a pas forcément été bien accepté, mais c’était mon choix. La réalité de la vie a pris le dessus. Entrer dans une entreprise en plein expansion, en plus en tant cadre, je ne pouvais pas laisser passer le train. Je n’avais aucune certitude sur le fait qu’il repasse. »

 

Ma vie actuelle

Huit ans après avoir fait le choix de changer de vie, Clément Bonin n’a aucun regret. Sur le plan sportif d’abord, Amiens est monté jusqu’en Nationale 1, en poule élite. « On aurait aimé monter en Proligue, et on avait même discuté d’une mise à dispo d’un an pour vivre un super truc avec le club, la ville. Mais ça ne s’est pas fait. Mais, j’aurais quand même la sensation d’avoir réussi à allier les deux, en jouant le plus haut possible, tout en assurant le boulot la semaine. » Sur le plan professionnel, là encore, tout s’est déroulé comme prévu pour celui qui est désormais coordinateur de déploiement chez COVAGE, un grand groupe du secteur de la fibre optique qui a racheté la structure originelle, TUTOR, en 2017.

Un poste qu’il occupe désormais du côté de Lille, puisqu’en juin dernier, l’aventure amiénoise a pris fin pour lui. « Le boulot me prenait de plus en plus de temps, et vu le niveau auquel on évoluait, il fallait bien s’entraîner. On ajoutait des entraînements le midi parfois, et à un moment, la logistique était trop dure à tenir. J’ai 35 ans, il fallait aussi que je me calme un peu, surtout que j’ai eu un gros coup de fatigue la saison passée », sourit pour conclure celui qui garde tout de même un pied dans le handball, puisqu’il s’est engagé à Calais, en N3, pour jouer sous les ordres d’un certain Jessy Vermesch, son ancien binôme à l’aile gauche, à l’USDK. Une belle manière de boucler la boucle…

 

 

Benoît Conta

Crédits photo de couverture : ©Leandre Leber La Gazette Sports / Fournie par le club APH

Un commentaire

  • Sylvain Pioli

    19 décembre 2020 at 10 h 21 min

    Un super article pour un super gars. Clem’ a laissé son empreinte au club ! Quelqu’un de discret mais efficace. Un coéquipier en or et un préparateur physique qui aura rempli ses missions au club, comme il l’a précis dans l’article, tout en conciliant son taf, l’entraînement et bien évidemment sa vie de famille. Je salue sa compagne au passage. Clem’ sera toujours le bienvenue à l’Amiens Picardie Hand ! Un mec en or 🤩

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