Sortie de vestiaireSortie de Vestiaire édition spéciale, Laurent Frecon (FFHB)

21 juin 20190
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Dans l’ombre des nombreuses sorties de vestiaire, se cachent des acteurs essentiels dans l’accompagnement des joueurs et joueuses en reconversion. Conseiller technique national à la Fédération française de handball, Laurent Frecon, conjointement avec l’AJPH, est à la base de la construction d’une cellule reconversion/formation/réinsertion. La cadre technique nous explique sa mission.

 

Laurent, peux-tu nous décrire ton parcours ?

Pour commencer, je suis conseiller technique nationale à la Fédération française de handball, et ce depuis octobre 2018. Avant cela, j’ai eu un parcours de joueur, avec notamment un passage par le bataillon de Joinville. J’ai passé mes brevets d’état durant ma carrière, ainsi que mon professorat de sport. Ensuite, j’ai eu un parcours classique, j’ai un peu entraîné, avant de passer par les directions départementales, régionales et les CREPS, en me tournant vers l’accompagnement des sportifs, ce qui m’a toujours motivé.

 

Quelle est ton poste à la FFHB ?

Mon titre c’est « Référent du suivi socio-professionnel ». C’est le ministère des Sports qui donne cette appellation. Depuis la loi Braillard de 2015, chaque fédération doit en effet avoir son référent. Pour ma part, Philippe Bana m’a proposé cette mission au mois de mars 2018, et j’ai tout de suite été intéressé et honoré.

 

En quoi consiste ta mission ?

Je suis là pour accompagner les sportifs de haut niveau listés par la Fédération dans tout ce qui est formation, insertion professionnelle et reconversion. C’est de là qu’est née la volonté de mettre en place une cellule formation/insertion/reconversion, en lien avec l’AJPH. C’est une idée poussée avant que j’arrive par Philippe Bana et Franck Leclerc. Désormais, avec Benoît Henry, nous sommes vraiment en phase, en plein accord. Chacun opérait de son côté, et maintenant, on essaye de mutualiser. On a chacun un réseau d’acteurs diversifiés qui doit désormais être organisé.

 

Quelle est la principale difficulté rencontrée ?

C’est toute la complexité de gérer un double-projet. Quand ils sont en pleine carrière, les joueurs et les joueuses n’ont pas automatiquement envie de penser à la suite. C’est pour cela qu’on a choisi un champ très large, qui commence dès le pôle jusqu’à l’après-carrière. Après, dans notre discours, nous essayons de rester positifs, même si c’est plus compliqué pour certain(e)s avec l’attrait du professionnalisme. Ils ne pensent pas forcément à l’après. Nous, on veut qu’ils pensent déjà à un projet global de vie, et ce n’est pas grave s’il y a des césures, des ruptures dans le parcours. Le tout est d’organiser, de préparer cet après-carrière.

 

Trouves-tu des clubs réceptifs à vos objectifs ?

Ils sont réceptifs, mais ce n’est pas toujours facile pour eux. Ils essayent de mettre des choses en place, mais ça reste parfois complexe d’allier les deux. Certains clubs pensent que le double-projet est un frein à la performance, alors que nous, on est persuadé que si tout est pensé en amont, si c’est anticipé avec le curseur parfois un peu plus sur les études, parfois un peu plus sur le sportif, c’est un bienfait. Et a minima, si c’est organisé, ce n’est pas un frein pour les performances sportives. L’accueil dans les clubs a toujours été positif et constructif.

 

Les joueurs ou joueuses peuvent-ils vous contacter à n’importe quel moment, même en fin de carrière ?

Oui, bien sûr. C’est là que nous sommes complémentaires avec l’AJPH, qui va s’occuper de tous les joueurs ou joueuses pros. Nous on est sur les joueurs et joueuses listés, qui sont sélectionné(e)s avec les équipes de France. On essaye de travailler en commun pour tout couvrir.

Y a-t-il une différence entre le handball masculin et féminin ?

De manière culturelle, je pense que les filles sont un peu plus sérieuses, plus matures par rapport à ce double-projet. Elles ont plus conscience qu’elles doivent préparer la suite. Mais, le professionnalisme progressant au niveau féminin, on risque de tomber de plus en plus sur des jeunes filles qui auront tendance à moins se préparer. A nous de bien poser des jalons, d’être en conscience. Notre volonté, c’est la prise de conscience chez les handballeur(se)s. Après ce sont les joueurs et les joueuses qui sont porteurs du projet.

 

Quels sont les arguments et outils pour créer cette prise de conscience ?

Il y a déjà un cahier des charges en centre de formation. Mais nous ce qu’on veut vérifier, c’est l’engagement du club et du joueur ou de la joueuse. On peut tomber sur des clubs qui vont mettre en place de très bons dispositifs, mais si le joueur ou la joueuse n’est pas réceptif, ça ne marchera jamais. Ce qu’il faut, c’est une prise de conscience, et pour l’avoir, on essaye de les faire réfléchir dès le pôle. C’est un travail tant au quotidien, via les entraîneurs et les accompagnateurs, que sur des one-shots ici et là. On essaye de mettre en place des modules qui parlent du projet de vie.

 

Un mot pour finir ?

Je trouve que la collaboration avec l’AJPH est excessivement positive. Je souhaite que ça perdure, avec également l’appui d’institutions comme la LNH, la LFH, les unions de clubs féminin et masculin et 7 Master. En tout cas, lorsque l’on en parle, on ne reçoit que des échos positifs.

 

Benoît Conta

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