Swiss Life présente...Sortie de Vestiaire, Thomas Richard

20 octobre 20200
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Après 15 années à Ivry, où il a remporté deux titres de champion de France, Thomas Richard s’est éclipsé, il y a un peu plus de dix ans. Désormais en charge des ressources humaines au Hyatt Regency Paris – Charles de Gaulle, l’ancien arrière droit revient sur son parcours.

 

Ma carrière

 Une vie en Rouge et Noir. Pouvait-il en être autrement ? Fils de Michel et Odile Richard, tous deux champions de France sous les couleurs d’Ivry, neveu de René Richard, mythique joueur et entraîneur du club francilien, Thomas Richard n’a pas poussé les portes de Delaune tout à fait par hasard. « Il y a forcément un peu de ça, sourit le gaucher. Mais mes parents ne m’ont jamais poussé vers le handball non plus. C’est aussi mon choix. Ils n’avaient d’ailleurs connu que le handball amateur, et c’est au final assez différent. Ils n’ont jamais envisagé le handball comme un métier, mais comme quelque-chose en plus. » Une vision qui transpirera tout au long du parcours de l’arrière droit.

 

Mais revenons-en au sportif, et ces 15 années passées sous le maillot ivryen, avec deux titres de champion de France à la clé, le premier vécu en tout jeune joueur, en 1997, et le second, en 2007, dans la peau d’un cadre. « Je suis content d’avoir eu une longue carrière, d’avoir joué des titres, note-t-il. Mon meilleur souvenir restera forcément ce titre acquis en 2007, une saison vraiment spéciale. Il y avait des anciens, comme Fabrice (Guilbert) ou Damir (Smajlagic) et il y avait les petits jeunes comme Luc (Abalo) ou Audray (Tuzolana). On avait un groupe vraiment solide, ce qui nous a d’ailleurs permis de remporter un nombre incroyable de matches d’un but. »

 

Un parcours qui prendra fin en juin 2010, sans vraiment laisser de regrets à l’arrière droit. « On apprend de tout, et notamment des échecs. Les réussites n’arrivent souvent qu’après avoir traversé des échecs. Alors pourquoi avoir des regrets ? J’aurais certes pu avoir ma chance en équipe de France, en étant prêt plus tôt. Mais chacun a son propre développement personnel à gérer, et c’est comme ça, souffle-t-il. Au final, il reste les belles histoires, les belles rencontres. J’ai pu grandir tout au long de ma carrière. » Un bilan positif, donc.

 

Mes études

 On l’a vu plus haut, le handball a longtemps été perçu comme un « plus » dans la vie de Thomas Richard. « Je n’ai commencé qu’à vraiment beaucoup m’entraîner qu’à 18 ans, après le bac, confirme-t-il. Avant cela, je n’avais pas énormément de volume d’entraînement par rapport à mes potes qui avaient notamment la classe handball à Romain-Rolland. » Et l’entraînement s’intensifie, il décide de ne pas appuyer sur le bouton stop, à la sortie du lycée, avec des passages à l’université Paris-1, puis à Paris-12, pour un parcours orienté vers les ressources humaines . « J’ai passé ma licence, puis ma maîtrise en deux ans. Mais j’ai souhaité patienter pour le DESS. Je ne voulais pas d’un diplôme dévalué, car passé trop tôt avant d’entrer dans la vie active. »

 

Une fois les études terminées, l’Ivryen se lance corps et âme dans le handball, et, selon lui, « passe un cap sur le plan physique et tactique ». Une vie 100% handball dans laquelle Thomas Richard ne s’éternise pas, puisqu’à l’entrée dans la trentaine, il décide de se rapprocher à nouveau du monde du travail. « J’avais besoin d’avoir un horizon un petit peu plus large, reconnaît-il. J’avais fait mon stage de maitrise au sein du consortium du Stade de France, et il se trouve qu’en 2006, ils recherchaient quelqu’un pour une mission. C’était du projet, donc ça m’a permis de démarrer sans avoir besoin d’être en présentiel tout le temps. » Un premier pas qui en appellera bien d’autres…

 

Ma décision d’arrêter

 C’est à la fin de la saison 2009/2010 que Thomas Richard décide de raccrocher les baskets. « Je venais d’enchaîner pas mal de galères, avec deux opérations au tendon d’Achille coup sur coup, une opération à l’épaule, ça commençait à faire beaucoup. C’est paradoxalement au moment où je me sentais le mieux dans mon handball que mon corps m’a lâché. Mais c’est comme ça, c’est aussi ça la vie du sportif, philosophe celui dont l’arrêt est facilité par un avenir déjà inscrit au consortium du Stade de France, où il a pris ses aises. On lâche forcément plus sereinement dans ces cas-là. Je savais ce qui m’attendais derrière. Il y avait une vraie continuité pour moi. »

 

Après six années au Stade de France, Thomas Richard travaille désormais depuis sept ans comme responsable des ressources humaines, à l’hôtel Hyatt Regency Paris – Charles de Gaulle. « C’est une opportunité que j’ai saisie, je trouvais le projet très intéressant, notamment parce qu’il valorisait mon expérience de sportif professionnel, en terme de dynamique d’équipes. C’est quelque-chose que je peux proposer et on me fait confiance. Tout va très bien pour moi. »

 

Mon conseil

 Fort d’une reconversion réussie, l’ancien Ivryen a désormais le recul pour tenter de guider les jeunes handballeurs. « Il faut commencer à y penser tôt, savoir un peu ce qu’on a envie de faire. Il faut se dire que rien n’est écrit et surtout s’intéresser un peu à ce qu’il se passe autour, démarre-t-il. Le handball, ça reste une petite bulle dans laquelle tu es pris en charge très tôt, et dans laquelle tu n’es pas autonome sur grand-chose. Et quand tu es jeune, tu te laisses porter par ça, ce qui ne permet pas de te construire en-dehors du terrain. En plus, tu es souvent dans la lumière. Mais dès que c’est fini, quelqu’un prend ta place. Il ne faut pas non plus faire tout ça pour ne vivre que dans la lumière. » Une vision à moyen-terme que les jeunes devraient vite adopter. « Il faut savoir préparer l’avenir en faisant des stages, en essayant de toucher à d’autres domaines, conclut-il. Il ne faut surtout pas hésiter à parler de ses projets. Quand on est sportif de haut-niveau, on a la chance de croiser pas mal de partenaires. C’est important de parler avec eux, de parler de soi, de ses projets pour l’avenir. Pour moi c’est la clé. »

 

Benoît Conta

Crédits photo : Club de l’US Ivry HB

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