ReconversionLancement du programme Immersion en entreprise

27 janvier 20200
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Dans le cadre de la cellule Formation Insertion Reconversion, l’AJPH en collaboration avec Ataxen, lance un programme d’Immersion en entreprise à destination des joueur(se)s professionnel(le)s et accueillait lundi dernier la première promotion du programme. 

« Ça va la prépa, ça se passe bien ? », « il te reste combien d’années de contrat ? »  « Et toi alors, vers quel secteur tu veux te diriger ?« … voilà ce qu’on pouvait entendre dans le hall d’accueil du Tremplin (incubateur de start ups dédiées au sport) au Stade Jean Bouin, où six joueurs de Lidl Starligue et Proligue s’étaient donnés rendez vous : Robin Molinie, Dounia Abdourahim (absente lors de cette première session), Fabien Ruiz, Maxime Arvin Berod, Yoann Eudaric, Alex Aguilar et Xavier Moreau.

« Ce sont les premiers courageux a avoir répondu favorablement au programme qu’on leur a proposé et à avoir accepté de se lancer dans l’aventure à nos côtés » indique Benoît Henry directeur de l’AJPH. Il s’agit d’un programme de six mois (janvier-juin 2020) composé de 3 journées de formation et de 35h minimum d’immersion dans le monde de l’entreprise, adaptées à leur emploi du temps de sportif professionnel.

« On s’est rendu compte que ce qu’il manquait aux sportifs professionnels, c’était cette expérience du monde de l’entreprise. À 35 ans, ça peut faire peur d’arrêter et de recommencer de zéro sans avoir eu d’expérience préalable » indique Laurent Laynat, directeur d’Ataxen.

« Ce programme proposé par Ataxen nous a séduit, car il répond à des problématiques que rencontrent nos sportifs, et le fait de pouvoir commencer à apréhender ces réalités avant d’arrêter sa carrière nous a semblé essentiel » ajoute Benoît.

Tout au long du programme, le projet de reconversion du joueur est travaillé en amont, via des entretiens, afin d’identifier un secteur, un projet, des fonctions à découvrir. « Ce programme est autant utile aux joueurs complétement perdus sur leur avenir qui ne savent pas vers quoi s’orienter, que pour les joueurs ayant une idée claire de ce qu’ils veulent faire plus tard mais qui pour l’instant n’ont pas eu l’opportunité de vérifier que c’était vraiment ce qui leur plaisait » indique Anne-Laure Michel, responsable développement de l’AJPH.

Lors de cette première journée de formation, les stagiaires ont pu visiter et découvrir le fonctionnement du Tremplin et des start ups hébergées et accompagnées dans leur développement. « Ça pourrait même donner des idées pour monter sa boîte » murmure un des stagiaires à l’âme entreprenariale.

À la suite d’un quizz sur les réalités de l’entreprise, où chacun a pu tester ses connaissances sur le monde du travail, les joueurs ont été amenés à réfléchir via des exercices sur les compétences (soft skills) développées dans le handball et qu’ils seront amenés à valoriser dans le monde de l’entreprise : Prise de décision, leadership, autonomie, sens de l’écoute, autant de compétences recherchées par les employeurs. « C’est vrai qu’on ne se rend pas compte qu’on a pu développer tout cela pendant notre carrière » s’exclame Alex Aguilar. « Dans le monde du sport, on est en train de travailler sur l’identification de ces compétences, et sur l’accompagnement des joueurs : c’est essentiel que les sportifs en prennent conscience » précise Laurent Frécon, référent socio professionnel de la FFHB.

Les joueurs ont ensuite accueilli Thomas Richard, ancien joueur professionnel de handball venu échanger sur son parcours de reconversion. Champion de France avec Ivry, l’ancien arrière droit  est désormais Directeur des Ressources Humaines au sein de l’hôtel Hyatt Regency Paris CDG et a beaucoup à partager : « En 2007, j’avais 30 ans et je me suis rendu compte que le handball ça n’allait pas durer. Une maîtrise en poche, un premier stage effectué au Stade de France quelques années auparavant, m’ont permis de rebondir. À la suite de blessures, j’ai pris la décision d’arrêter et j’ai fait jouer mon réseau » indique Thomas. « Le réseau c’est pas du piston, on ne va pas vous faire de cadeau : c’est du donnant-donnant. Quand on est joueur, on rencontre des partenaires de club, il faut s’y intéresser, apprendre à les connaître. Et puis dans le sport si tu laisses une bonne image dans un stage, une expérience, auprès d’un partenaire, c’est important pour la suite » ajoute t-il.

 

Et c’est là où réside l’un des intérêts principaux du programme : « On a lancé le programme auprès de joueurs de rugby. Plusieurs ont gardé des liens forts avec leur entreprise hôte, certains y ont refait des stages derrière et d’autres y ont été embauchés à la fin de leur carrière sportive » précise Laurent Laynat.

« Et toi Thomas, quand tu reçois des CV pour ton hôtel, qu’est ce que tu regardes principalement ? » « Et en tant que sportif, ton intégration a été facile ou on t’a regardé bizaremment au début ? », « comment tu as géré le fait d’avoir eu un diplôme 10 ans auparavant ? » : les questions des stagiaires fusent et l’échange d’expérience est riche :  « Dans le monde professionnel, vous allez être amenés à gérer des équipes. C’est des compétences qu’on développe en tant que joueur, et forcément dans la tête d’un recruteur ça raisonne et c’est recherché. Il faut juste que vous appreniez à les identifier et à les valoriser en entretien. » ajoute Thomas Richard.

L’identification et la valorisation des softs skills : un exercice peu habituel pour les joueurs, mais pourtant essentiel. Chaque joueur, à l’aide d’une fiche de poste adaptée à leur profil et au poste souhaité, s’est prêté à l’exercice de l’entretien d’embauche. Laurent et Anne-Laure dans le rôle du responsable opérationnel et de la DRH, ont reçu chaque joueur, devant les yeux amusés de leurs camarades.

« Pourquoi avez vous répondu à notre offre d’emploi ? », « quelles sont vos prétentions salariales ? », « vous pensez pouvoir vous adapter à la vie de bureau après avoir passé 15 ans à courrir sur un terrain ? »… autant de questions qui ont pu surprendre, amuser voire parfois même déstabiliser les stagiaires, mais desquelles, tous en sont ressortis grandis.

« On ne s’attendait pas forcément à avoir ce genre de questions, surtout celle du salaire (rires). C’est très déstabilisant mais on préfère les vivre avec vous en premier qu’en véritable entretien » s’accordent tous à dire.

Alors, rendez vous en février pour une deuxième journée de formation et la suite des aventures de notre première promotion…

AL Michel

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