Sortie de vestiaireSortie de Vestiaire, Charlène Clavel

22 octobre 20190
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Retraitée depuis juin 2018, Charlène Clavel n’en avait pas complètement terminé avec le sport. Alors qu’elle intègre une école de kiné, l’ancienne Nîmoise s’est également lancée corps et âmes dans le triathlon.

 

Ma carrière

« De belles rencontres. » A l’heure de jeter un oeil dans le rétro, Charlène Clavel ne retient que du positif de sa carrière de handballeuse. Le handball, une vocation née, comme souvent, au collège, par l’intermédiaire d’un prof mordu de la petite balle qui colle. Cette fois, l’histoire démarre du côté de Mende, en Lozère. « Il y avait une section sportive handball, et nous avons terminé championnes de France UGSEL», se souvient celle qui prend en parallèle une licence au Mende Gévaudan Club. C’est là qu’elle est repérée, et finit par intégrer le Pôle Espoir Handball de Nîmes. « Je suis partie jeune de la maison pour tenter cette aventure du sport de haut niveau. Ce fut vraiment formateur pour moi », glisse-t-elle.

 

D’abord semi-pro, la jeune ailière gauche intègre définitivement le groupe nîmois en 2010. Sous les couleurs gardoises, elle découvre la Coupe d’Europe, et dispute même une finale de Coupe de France, à Bercy. « Vivre ce genre de voyages, ces gros rendez-vous, ça m’a fait grandir. Ce fut une belle expérience de vie », estime celle qui doit toutefois tout remettre en cause, lorsque le club nîmois doit mettre la clé sous la porte. La suite s’écrit à Nantes, pour deux saisons (2016-2018), les deux dernières. « J’aurais pu poursuivre, j’avais une proposition pour continuer en LFH, mais je commençais à ne plus prendre de plaisir », explique celle qui fourmille alors de projets. On y reviendra.

 

Les études

Rapidement mis sur les rails du professionnalisme, Charlène Clavel n’en oublie pas pour autant les études. Après un Bac S, la Nîmoise enclenche vers les études supérieures. « Je n’ai jamais voulu ne faire que du handball, explique-t-elle. C’était même indispensable à mon équilibre, je ne suis performante que si j’ai les deux, et pas l’un sans l’autre. C’est parfois difficile de s’organiser, mais c’est important d’avoir ce bagage. » Et à la jeune femme d’étayer son propos.

 

« Il est important de préparer son après carrière car elle ne dure qu’un temps et tout peut s’arrêter du jour au lendemain, que ce soit à cause d’une blessure, ou encore si ton club coule pour raison financièrement, comme ça a été mon cas avec le club de Nîmes. Il est important de savoir rebondir. » Au final, l’ailière conclut pour sa part son cursus en 2018, avec un Master 2 en expertise et optimisation de la performance. Un diplôme qui cache une autre ambition. « J’ai toujours voulu être kiné. Ce diplôme m’a permis de présenter les écoles de kiné », confirme celle qui est finalement acceptée à Vichy, où le handball professionnel est absent. Une raison de plus de mettre les baskets au placard.

 

Mon entre-deux

A l’heure de raccrocher, à 27 ans, Charlène Clavel n’a aucun doute en tête. A la lassitude du handball et à l’école de kiné qui s’annonce s’ajoute un autre projet, celui d’embrasser une carrière de triathlète. « J’ai toujours voulu faire un sport individuel. D’ailleurs, petite, le choix fut difficile à faire. J’aimais nager, j’étais plutôt bonne en cross… Alors, forcément, le triathlon m’a toujours attirée. Mon frère en faisant depuis quatre ans, c’était la bonne occasion », glisse celle qui s’inscrit alors pour l’IronMan 70.3 de Nice (l’appellation « 70.3 » vient de la distance totale de la course en miles, soit 113,1 km ce qui correspond à un demi-IronMan, ndlr), programmé en septembre 2018.

 

La jeune femme a alors trois mois devant elle pour se préparer à la triple épreuve: 1,9 kilomètre de natation, 90 kilomètres de vélo et de 21,1 kilomètres de course à pied. Au terme de la course, le verdict est sans appel. Elle est faite pour ça. En 5h01, Charlène domine sa catégorie d’âge (25-29 ans) et obtient une qualification pour le championnat du monde, un an plus tard. « Le handball m’a permis d’avoir une certaine puissance, que j’arrive à reproduire sur un autre effort », décrypte-t-elle.

 

Ma vie actuelle

Voilà désormais plus d’un an que la Mendoise a ouvert un nouveau (double) chapitre de sa vie, celle de l’étudiante en kiné d’un côté, et de la triathlète (de plus en plus) aguerrie de l’autre. « Ma première saison s’est super bien passée, je ne m’attendais pas du tout à ça », se réjouit Charlène Clavel, qui décroche même le titre de championne du monde dans sa catégorie, en septembre dernier, avec un temps 4 h 57’17. De quoi aiguiser son appétit pour la suite. « Forcément, tout ça donne envie de progresser encore, de voir jusqu’où je peux aller. Cette première saison m’aura permis de voir de quoi j’étais capable, d’observer les filles qui sont sur le circuit. Ce fut très formateur. Maintenant, je sais qu’il y a une multitudes de facteurs sur lesquels je peux jouer pour continuer à progresser », explique-t-elle.

 

Une progression qui pourrait passer par la passage à une carrière professionnelle, à 28 ans. « J’ai envie de le tenter, souffle celle qui est licenciée aux Sables d’Olonne. Mais si je dois prendre une licence pro, il faut que ce soit dans un cadre bien défini. Pour l’heure, mon école semble disposée à m’accompagner dans ce projet. Reste à voir si je peux mettre en place un cadre plus propice à ma progression, notamment dans mon entraînement, avec un meilleur accès aux infrastructures sportives par exemple. Je veux encore réfléchir un peu, mais clairement, j’ai envie de pousser un peu plus loin… » Avec un objectif final qui tient de la légende: le fameux IronMan d’Hawaï. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

Benoît Conta

Crédits photo : Sophie Gravil

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